Au coeur du massif des Bornes, cette petite boucle nous emmène du Plateau des Glières aux chalets des Auges. On y découvre la partie septentrionale du plateau et de rès beaux points de vue sur les sommets alpins.
Distance
13 km
Dénivelé
650 m
Balisage
Jaune
Rouge et blanc (GR)
Carte
IGN 3430 ET
Le plateau des Glières
Notre randonnée se fait dans le magnifique cadre du Plateau des Glières. Situé à environ 35 km d’Annecy et 30 km de La Roche sur Foron, dans la massif des Bornes, le plateau est accessible par ses deux extrémités. Il n’est toutefois pas possible de le traverser en voiture. La piste qui permet de joindre le Col des Glières et le chalet de Chez la Jode est réservée aux agriculteurs.
La montagne des Auges est l’une des barrières naturelles qui délimite le plateau, avec la crête de l’Ovine, la montagne des Frêtes et les vallées du Borne, du Fier et de la Filière. Nous irons du plateau des Glières aux chalets des Auges, qui se trouvent à son extrémité.
Le chemin que nous empruntons démarre sous la maison du plateau, juste avant le Col.
Comment ne pas penser à l’histoire de ce haut lieu de la Résistance, pendant que nous traversons le plateau dans sa largeur?
De janvier à mars 1944, le plateau accueillit un maquis, organisé et dirigé par le lieutenant Tom Morel, puis par le capitaine Anjot. Zone bien dégagée, bien repérable mais difficile d’accès, le plateau était parfait pour recevoir des armes et du matériel, parachuté par les britanniques.
3 parachutages eurent lieu au cours des 3 mois. Mais peu après le dernier (le 10 mars), les maquisards furent encerclés, assiégés et lourdement bombardés. Ils parvinrent à évacuer le plateau la veille de l’attaque de l’armée allemande, mais furent pourchassés.
La sculpture que nous pouvons voir sur le plateau a été inaugurée en 1973 par André Malraux. Ce monument national de la Résistance, réalisé par Emile Gilioli, représente le V de la victoire, avec une aile cassé pour rappeler que la victoire a un prix. Le disque solaire en déséquilibre qui la surplombe symbolise la liberté toujours à gagner.

La traversée du plateau des Glières vers les chalets des Auges
Depuis la maison du plateau, donc, nous traversons les alpages. Après être descendus dans la cuvette, nous remontons dans la forêt de l’autre côté. Une première côte nous amène au Plan des Mouilles. Sortis de la forêt, nous nous trouvons dans une nouvelle zone de pâturages, que nous traversons. Il a plu ces derniers jours et le chemin est très boueux. L’envie est grande de passer à côté des zones les plus boueuses, mais ce n’est pas forcément une bonne idée!
En effet, le plateau des Glières est essentiellement composé de tourbières. Les tourbières sont des étendues d’eau colonisées et comblées (au fil des années) par la végétation. Celle-ci devient si dense qu’il est difficile de reconnaître une tourbière d’un champ. Mais lorsque l’on essaie de la traverser, le pied s’enfonce!
C’est ici aussi le cas. Il vaut donc mieux rester sur les sentiers tracés, car on peut vite se retrouver au milieu d’une tourbière et s’enfoncer. Au-delà de la désagréable sensation de l’eau qui entre dans la chaussure, le passage de l’homme peut endommager le fragile écosystème de la tourbière.
Une fois passée cette zone humide, le sentier entre à nouveau dans la forêt. Il s’élève d’abord lentement puis prend assez vite de la hauteur en zigzagant dans la pente. Il monte le long d’un ruisseau qui prend sa source sur le Plan des Loups. Le sentier s’aplanit et nous débouchons sur un replat entouré de grandes falaises calcaires: le Plan des Loups.
Nous sommes ici au pied de la Crête de l’Ovine, qui se dresse fièrement devant nous. La Montagne des Auges se trouve dans son prolongement, sur notre gauche.

Du plateau des Glières aux Chalets des Auges
Les pentes qui se dressent face à nous sont le repère des chamois. On en aperçoit plusieurs le long des falaises. Des marmottes sifflent pour signaler notre présence. Mais nous ne les voyons pas.
Pour passer du Plateau des Glières aux chalets des Auges, il ne nous reste plus qu’une dernière montée. Elle nous permet d’atteindre le plateau sommital de la Montagne des Auges. Le sentier n’est pas toujours évident, mais de nombreuses traces permettent de monter doucement.
Avant de passer le Pas du Loup, un arrêt permet d’admirer la vue sur le côté sud du Plateau des Glières. La Plaine du Dran est alors bien visible.
Une fois au sommet de la Montagne des Auges, c’est une toute autre vue qui s’offre à nous. Sur notre gauche, nous pouvons voir la Montagne de Sous-Dîne, derrière la Montagne des Frêtes, tandis que sur notre droite, la chaîne des Aravis se déroule.
Le plateau est composé d’alpages, où paissent les troupeaux de vaches et de moutons. Les chalets se trouvent au bout et légèrement en contrebas. Nous ne les voyons donc pas encore.
La traversée se fait sur un sentier bien marqué et la vue nous fait oublier les efforts de la montée.
Tout à coup, les chalets apparaissent devant nous. Une piste permet d’y accéder en voiture depuis la vallée d’Entremont.
D’ici, nous voyons la vallée du Grand Bornand, le Mont Lachat, le Danay. Les sommets des Aravis sont dans les nuages et la vue est plutôt bouchée. Mais par beau temps, on peut voir se dresser le Mont Blanc derrière la chaîne.
Nous empruntons le même chemin pour revenir vers le Plateau des Glières et quitter les chalets des Auges. Au Pas du Loup, nous pouvons déjà apercevoir notre prochain objectif: la chapelle Notre Dame des Neiges, de l’autre côté de la plaine du Dran.

Le tour de la Plaine du Dran
Descendus au Plan du Loup, nous continuons notre chemin tout droit. Nous passons successivement devant le Col de l’Ovine, la Pointe de l’Ovine, la Pointe de la Balme et la Pointe de la Québlette. Le sentier rejoint assez rapidement une grande piste que l’on suit.
Elle descend doucement vers la Plaine du Dran, à l’extrémité sud du Plateau des Glières. Plusieurs chalets y sont installés. Au milieu de la plaine, le chalet de Sur le Char propose d’ailleurs une buvette.
La piste oblique ensuite vers la droite, pour traverser le plateau. Nous sommes presque au bout du Plateau des Glières. Un sentier, partant sur la gauche, permet de descendre jusqu’à la Balme de Thuy. Nous continuons sur la piste pour arriver à la chapelle Notre Dame des Neiges.
La première chapelle fut érigée au 17ème siècle. Détruite lors des bombardements en 1944, elle fut reconstruite à la fin des années 1940. Une unique messe y est célébrée chaque année, fin juillet.
Nous continuons sur la piste, jusqu’à arriver à un parking. Nous reprenons à travers champs et forêts un sentier qui s’élargit petit à petit. Peu après la traversée du ruisseau de Paccot, nous atteignons de nouveaux chalets, dont un restaurant.
Nous prenons la route qui remonte jusqu’à Paccot. D’ici, nous voyons le Plateau des Glières et la maison du plateau. Dans le virage en épingle, nous empruntons la piste qui y mène. D’abord plat, le chemin traverse un ruisseau et remonte finalement au niveau de la route.

Cette randonnée, du Plateau des Glières aux chalets des Auges, nous a permis de faire le tour de la partie sud du plateau, avec un petit crochet par la montagne des Auges. Sans difficulté, cet itinéraire permet de découvrir différentes facettes du plateau et de prendre un bon bol d’air.

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