Les thermiques, comment les repérer?

8 Juin 2022 | Parapente

Le but de tout parapentiste qui débute est de rester en l’air. Et pour cela, d’apprendre à “exploiter les thermiques”. C’est une expression que l’on entend souvent, mais qui peut paraître obscure quand on commence à voler.

Comment se forment les thermiques?

Comme leur nom l’indique, les thermiques sont liés à la température de l’air et, plus particulièrement, à la chaleur. 

Lorsque les rayons du soleil atteignent une surface, une partie de la chaleur est absorbée et une autre renvoyée. Au fur et à mesure que la surface chauffe, l’air en contact avec elle chauffe également.

L’air chaud est plus léger. Aussi, lorsque la différence de température est suffisante, l’air chaud s’élève. On considère qu’il faut environ 2°C de différence entre les masses d’air pour que la plus chaude se détache. 

Un peu de vent, une perturbation, peuvent également déclencher le soulèvement d’une bulle d’air. Il est ainsi possible que les bulles ou les ascendances thermiques se déclenchent avant d’atteindre les 2°C d’écart.

On le sait, la nature a horreur du vide. Alors, quand une bulle se détache du sol et s’élève, de l’air plus froid vient des alentours et la remplace. A nouveau, cet air se réchauffe et finit par s’élever. Il est aussitôt remplacé.

En début d’après-midi, quand la chaleur commence à s’installer, les bulles se succèdent ainsi plus ou moins régulièrement. On dit alors généralement que les conditions ne sont pas encore installées.

voler dans les thermiques en parapente

De la bulle à l’ascendance thermique

Au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel, les rayons approchent de la perpendiculaire. C’est là qu’ils chauffent le plus le sol. En effet, plus les rayons sont inclinés, plus la zone où ils touchent le sol est étendue, et plus la chaleur est diffuse. A l’inverse, les rayons perpendiculaires concentrent la chaleur sur un espace plus restreint. 

Les bulles d’air chaud sont ainsi de plus en plus grosses. Lorsqu’on les rencontre en vol, elles nous permettent de monter un peu plus que les petites bulles de fin de matinée. 

En fonction du temps qu’il faut pour chauffer l’air froid qui les remplace, des cycles plus réguliers se mettent en place. On peut alors observer les intervalles et jouer avec eux. 

Ces ascendances thermiques continuent à s’élever en rythme tant qu’il y a de l’air plus froid à proximité pour alimenter la poche et entretenir la différence de température. 

Plus la différence de température est grande, plus les ascendances montent vite. Au fur et à mesure que l’air environnant se réchauffe lui aussi, que la différence diminue, les colonnes montent moins vite. 

C’est pour cela que les débuts d’après midi en été sont souvent plus turbulents. Les pilotes moins aguerris ou préférant des conditions moins toniques volent ainsi plutôt en fin de journée.

les zones de formation des thermiques en montagne

Quelles conditions pour que les thermiques se forment?

Il ne suffit pas que le soleil chauffe le sol pour créer les thermiques. Plusieurs conditions doivent être réunies ou, du moins, permettent de faciliter leur mise en place.

Un sol sec aura tendance à produire plus facilement des bulles thermiques.En effet, le sol pourra transmettre la chaleur emmagasinée plus rapidement à la masse d’air qui le touche. Si le sol est mouillé ou même humide, la chaleur va d’abord servir à l’assécher. L’eau, s’évaporant sera transmise à la masse d’air, qui va à son tour devoir s’assécher. Le processus prend ainsi plus de temps.

On en a déjà parlé, l’angle avec lequel les rayons du soleil frappent le sol est un élément essentiel dans le réchauffement de la masse d’air. Les rayons obliques étalent la chaleur sur un espace plus grand, tandis que des rayons perpendiculaires au sol la concentrent. Les thermiques se forment donc plus facilement en milieu de journée, lorsque le soleil est haut dans le ciel. 

Un léger vent peut également aider les bulles d’air chaud à se détacher du sol. Trop fort, il mélange les masses d’air et empêche la formation des ascendances. Mais une petite turbulence leur donne l’impulsion nécessaire pour s’élever avant d’atteindre la température idéale. 

Enfin, et c’est sans doute l’élément le plus important, les contrastes au sol favorisent la création des thermiques. Les surfaces absorbent, stockent et restituent la chaleur de façon différente. Ainsi une carrière chauffera plus vite qu’une forêt qui absorbe la chaleur et la rend de façon très progressive. La végétation retient la chaleur et ne la transmet que très peu à l’air environnant. L’air reste donc plus frais. Si une surface qui chauffe plus vite et plus fort se trouve juste à côté, les différences de température se creusent et les thermiques se créent plus facilement.

Savoir repérer les thermiques en vol

Comment repérer les thermiques en vol?

En vol, on cherchera donc ces zones de contrastes. Se sont de bons indicateurs d’un possible thermique. Nous avons de fortes chances d’en trouver au-dessus des surfaces chaudes, surtout si elles sont entourées de zones qui restent plus fraîches. Ainsi, notre carrière, entourée de champs ou de forêts, semble prometteuse. L’air frais qui se trouve autour peut alimenter pendant un certain temps la zone chaude de la carrière et donc l’ascendance thermique. 

Pour repérer les zones susceptibles de générer des thermiques, on peut également imaginer les endroits où il fait chaud. Tout comme, en balade, on cherche les endroits où il fait frais pour s’arrêter, en vol, on cherche ceux qui sont bien exposés au soleil et où on s’attend à avoir chaud. 

En montant, la masse d’air se refroidit et l’eau qu’elle contient se condense. Un nuage se forme ainsi en haut de l’ascendance thermique. C’est un excellent indice pour trouver les thermiques! Ces nuages matérialisent la colonne d’air chaud, ou, du moins, son aboutissement. En se plaçant dessous, on pourra assez facilement trouver le thermique. 

Il faut bien sûr tenir compte du vent qui peut décaler le thermique entre sa source et le nuage. Les thermiques sont souvent poussés par le vent. Il faut donc se décaler au fur et à mesure que l’on monte pour ne pas le perdre. 

Enfin, les arbres peuvent aussi nous aiguiller sur la présence de thermiques. Sur les pentes des montagnes, la masse d’air qui monte fait bouger les feuilles, tout comme le vent. Mais avec un mouvement du bas vers le haut, on peut voir le dessous des feuilles. Souvent plus clair, il donne l’impression qu’elles sont blanches. Le mouvement et la couleur nous indiquent ainsi que quelque chose se passe et que c’est peut être là que se cachent les thermiques qui vont nous permettre de prolonger le vol!

les nuages signalent les thermiques

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