Pourquoi faire du parapente en hiver?

20 Jan 2021 | Parapente

J’ai découvert le parapente un été, il y a quelques années. J’habitais à Chambéry, j’étais étudiante et j’ai volé tout l’été. Quand l’hiver est venu, l’école que je fréquentais à fermé ses portes et nous nous sommes dit “au printemps!”. A ce moment-là, la question de faire du parapente en hiver ne se posait même pas. 

Plus tard, lorsque j’ai découvert que l’on pouvait voler en hiver, au-dessus des pentes enneigées, je me suis posé des questions. Ce doit être beau, c’est tentant! Oui, mais…

En réalité, j’ai très peu pratiqué le parapente en plein hiver depuis que je vole. J’ai toujours de bonnes excuses. Mais récemment, au cours d’une conversation, j’ai été amenée à y réfléchir. Pourquoi je ne vole pas en hiver? Est-ce que je devrais?

 

Faire du parapente en hiver décollage

Non, je ne vole pas en hiver…

C’est vrai, je ne fais pas de parapente en hiver. Je regarde avec plaisir les photos et les vidéos des pilotes qui volent en toute saison. Mais je reste au sol. Et quand on me demande pourquoi, j’ai tout un argumentaire au chaud dans ma poche! (Oui, je sais, j’y mets parfois un peu de mauvaise volonté!)

Alterner les pratiques, pour plus de plaisir

En été, je fais du parapente. En hiver, je fais du ski. Je vis dans une région où les saisons sont marquées (en règle générale, même si “il n’y a plus de saison, ma bonne dame!”). Alors j’aime bien me dire qu’à chaque saison correspond une activité. Ça rythme l’année, ça change, je ne fais pas toujours la même chose. Et ainsi, lorsque le printemps arrive, je me réjouis de ressortir ma voile, tandis qu’à la fin de l’automne, je prépare mes skis de fond.

Un rendement plus faible

Faire du parapente en hiver implique plusieurs contraintes. Si en été, s’organiser pour les navettes, monter au décollage et attendre le bon moment pour décoller est souvent récompensé par un bon vol, en hiver les conditions permettent bien moins souvent de tenir en l’air. On passe généralement plus de temps à faire la rotation qu’à voler. Sans compter, que l’on est plus limité, car la nuit arrive tôt. Il faut donc déjà trouver le créneau entre ensoleillé un jour où je ne travaille pas pour pouvoir aller voler. (Je vous avais prévenu, question mauvaise volonté!)

Faire sécher la voile

Et puis, en hiver, entre la pluie et la neige, les champs sont très humides. La voile se retrouve donc mouillée. D’aucuns me diraient qu’elle sèche en volant. Certes, c’est possible! Mais à l’atterrissage, on a beau vite plier, l’humidité est là. 

Et tout le monde le sait, laisser une voile pliée dans son sac pleine d’humidité, c’est très mauvais pour le tissu! Il faut donc, en rentrant, la ressortir et la laisser sécher à l’air, pendant quelques heures, voire quelques jours. Et pour ça, il faut un peu de place. 

De la place, je n’en ai pas tant que ça dans mon petit appartement. Alors, oui, je pourrais laisser ma voile dans le bureau, et me passer d’y aller pendant 2 jours. Mais avouez que ce n’est pas pratique!

Il fait trop froid pour faire du parapente en hiver!

Et enfin, le dernier argument, celui auquel je tiens par-dessus tout: le froid! Il fait froid en hiver. Rien de plus normal me direz vous! Mais je vole déjà en (petite) doudoune à la fin de l’été, alors en hiver! Il faut non seulement résister au froid de l’altitude, mais aussi au vent relatif. Plusieurs couches sont nécessaires. De là à ressembler à un bibendum, il n’y a qu’un pas. Et lorsqu’on est engoncé dans ses vêtements, on est bien moins agile et bien moins à l’aise. 

faire du parapente en hiver emmitouflée

Faire du parapente en hiver, une vraie bonne idée

Mes arguments peuvent vite être contrés! 

La pratique du parapente n’empêche pas la pratique du ski (on peut même lier les deux, mais ça on en parle plus tard!). 

La météo nous laisse tout de même de beaux créneaux en hiver et ne nous apprend-on pas en école que même un plouf est un vol

Faire sécher sa voile ne prend pas tant de temps que ça, et c’est juste une question d’organisation et de rangement! 

Et enfin, il existe aujourd’hui de très bons produits textiles, chauds et peu encombrants qui permettent de se couvrir tout en gardant sa liberté de mouvement. Le plus important pour lutter contre le froid est de bien isoler les extrémités (les mains, les pieds) et le visage, car c’est par là que l’on attrappe froid.

Une fois mes objections effacées d’un revers de manche, voici quelques bonnes raisons de faire du parapente en hiver.

Des conditions de vol calmes

En hiver, sous nos latitudes, le soleil est plus bas sur l’horizon et chauffe bien moins. L’activité thermique est donc plus faible. Savoir à l’avance que l’air sera doux et calme enlève une partie du stress lié au vol. En effet, il y a moins à craindre de rencontrer un air turbulent. 

Ces vols sont donc l’occasion de travailler les éléments de base du pilotage

C’est le moment de prendre le temps de soigner ses décollages, d’affiner ses gestes, son positionnement.

En vol, c’est le moment idéal pour refaire les exercices de base tels que le tangage, les virages plus ou moins serrés. C’est là que l’on gagne en précision.

Chaque atterrissage peut servir d’entraînement pour la précision. L’absence de déclenchement thermique dans la phase finale de l’atterrissage permet d’affiner la gestuelle et de s’habituer à poser très précisément. Ainsi, lorsque les conditions permettront d’envisager des vols plus longs, la perspective de devoir se vacher ne sera plus une source de stress.

Analyser les conditions hivernales

Je l’ai dit plus haut, le soleil étant bas sur l’horizon, l’activité thermique est plutôt faible. De ce fait, les conditions dépendent essentiellement du vent météo

Il s’agit donc de déterminer la direction et la force du vent. 

Cela permet de choisir simplement le site de vol. En montagne, la lecture des signes disponibles en est également simplifiée. Les mouvements des arbres, la neige portée par vent sur les crêtes, le déplacement des nuages, tout est lié au vent météo et peut indiquer un changement prochain des conditions.

L’hiver peut d’ailleurs être l’occasion de développer ses connaissances en météorologie et aérologie.

Continuer à pratiquer

Tout simplement aussi, faire du parapente en hiver permet de continuer à pratiquer et évite ainsi une coupure. Non seulement, nous gardons nos habitudes et nos sensations, mais nous pouvons en plus progresser, comme nous l’avons vu plus haut.

Depuis quelques années, le printemps est synonyme de conditions plutôt fortes. Les températures augmentent soudainement et les écarts entre la nuit et la journée provoquent une activité thermique plus forte. La transition entre l’hiver et le printemps se fait moins en douceur. 

La reprise au printemps se fait donc dans des conditions relativement difficiles. Les quelques vols effectués durant l’hiver peuvent donc remplacer les premiers vols du printemps qu’il faudrait faire le matin dans des conditions calmes.

Faire du parapente en hiver présente ainsi de gros avantages, qui, je dois le reconnaître, surpassent de façon évidente mes objections.

“L’hiver est en tout cas une bonne occasion de travailler et développer son feeling” (Parapente Mag n°140)

Tu veux profiter de l’hiver pour voler? Explique moi ton projet et organisons ton voyage sur mesure.

faire du parapente en hiver

1 Commentaire

  1. M.D.

    Pleins de bonnes raisons de voler.

    Réponse

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